La Compagnie du Théâtre de la Poudrière


Depuis L’Attrape-nigauds (1975),  première création à part entière d’une troupe encore embryonnaire, le Théâtre de la Poudrière n’a cessé de chercher à réinventer l’art de la marionnette en s’aventurant par-delà ses frontières originelles. Dès Sixtus (1981), les marionnettistes se muent en castelets vivants, puis au gré des créations, la marionnette s’affranchit, toujours plus libre, surprenante, quitte à s’éclipser carrément… Avec La Mécanique du Sel (2011), le corps du marionnettiste devient lui-même objet de manipulation.

Le Théâtre de la Poudrière, c’est d’abord la fascination de la marionnette, mais c’est aussi l’exigence d’une troupe et donc la conviction que le théâtre est une épopée collective. Un petit groupe d’amis qui jamais ne se séparent, mais qui s’ouvrent aux autres et qui agrègent en permanence de nouvelles énergies. La troupe est neuchâteloise, mais elle tisse un réseau à travers l’Europe qui passe par Charleville-Mézières, Baden, Marseille… Elle crée et tourne ses propres spectacles, mais elle invite aussi ceux des autres à l’occasion des Semaines Internationales de la Marionnette en Pays Neuchâtelois.

40 ans de création / Théâtre de la Poudrière
40 ans de création

Aux créations collectives qui sont la marque de la Poudrière, s’ajoutent des pièces de théâtre, comme Achterloo (1994) de Friedrich Dürrenmatt, ou des adaptations telles que Les Indes Noires (2012) de Jules Vernes. Une soif d’expérimentation, de limites repoussées, qui conduit la troupe à jouer ce dernier spectacle dans le dédale d’une mine d’asphalte désaffectée où le public s’enfonçait dans les ténèbres, casque sur la tête, pour vivre une aventure théâtrale…

Si le Théâtre de la Poudrière s’est dès le début focalisé sur des mises en scène pour adultes, il s’est régulièrement investi dans les créations pour jeune public.  A l’instar de Belliou la Fumée (2004, d’après J. London) ou Une Saison dans la Vallée des Moumines (2005, d’après Tove Jansson, les marionnettes de la Poudrière ont sublimé des textes d’auteur à l’intention des enfants. Appréciés et redemandés, certains spectacles ont longuement tourné, comme ce fut le cas, entre autres, pour L’Ile au Trésor (2009, de R.- L. Stevenson).

Impossible d’évoquer le Théâtre de la Poudrière sans mentionner cette spécificité qui a si profondément imprégné son parcours : dès les débuts, le noyau professionnel a été entouré, secondé, conseillé par un groupe d’amis d’une fidélité toujours intacte. A chaque étape, chaque défi, ils étaient là. Sans eux, cette incroyable aventure théâtrale n’aurait sans aucun doute pas été ce qu’elle est devenue.